Pierre fait la lumière sur les vieux projecteurs
Lever de rideau sur l'exposition consacrée au cinéma et à la musique, ce week-end aux Bouts-de-Ville. Un collectionneur y présentera deux vieux appareils de projection ayant servi dans des salles sablaises.
Ils ont vécu leur dernière séance il y a bien longtemps. À une époque où la ville des Sables comptait sept salles de cinéma, aujourd'hui toutes disparues. Certains appareils de projection ont été broyés dans la reconstruction, d'autres sont tombés dans l'oubli. Et d'autres encore ont été sauvés par un passionné. Depuis une dizaine d'années, Pierre Nicolleau collectionne ces projecteurs. Et leur offre une seconde vie, loin des salles obscures, mais dans la lumière des expositions. «La plupart des gens ne s'imaginent pas comment est projeté un film. Je fais entrer les visiteurs dans les coulisses du cinéma. »
Une heure pour monter les bobines d'un long-métrage
Pierre Nicolleau était réalisateur pour les entreprises, avant d'embrasser la carrière d'architecte. «Au début, cette passion était un moyen pour moi de garder le contact avec l'image.» Et puis le Sablais se prend au jeu et chine dans les brocantes. Il est même devenu projectionniste bénévole dans un cinéma associatif en Loire-Atlantique. « On est un petit cercle de collectionneurs. Quand on apprend qu'un cinéma va fermer, on le contacte pour récupérer les appareils de projection. Cela fait partie de notre patrimoine. »
Le quinquagénaire en possède aujourd'hui une trentaine, datant de 1910 aux années 60. Lors de l'exposition du comité des Bouts-de-ville, aujourd'hui et demain (12 et 13 mai 2007), Pierre Nicolleau présente deux appareils ayant appartenu aux cinémas Le Jeanne-d'Arc et Le Casino (Lire ci-dessous).
«Les projecteurs ont très peu évolué en un siècle, souligne Pierre Nicolleau. On peut passer une bobine de l'an 2000 sur un projecteur des années 50 et vice-versa. Ce qui a changé, c'est la source lumineuse. Avant, on utilisait du charbon. Maintenant il s'agit d'ampoules au xénon. Mais la machine reste la même. Il s'agit toujours d'une succession de diapositives fixes, que l'on fait avancer par à-coup grâce au mécanisme de la croix de Malte (1). » Et le projectionniste est toujours là! Il lui faut une heure de travail pour monter bout à bout toutes les bobines d'un même long-métrage. « Et une heure de film représente1800 m de pellicule ! »
Le clap de fin de l'exposition retentira dimanche à 19 h. Il ne faut donc pas manquer cette unique séance.
Céline BRUET. ( ouest France )
Pratique. Exposition «Ciné-Photo-Disco» samedi 12 et dimanche 13 mai, de 9 h à 19 h, salle Audubon. Entrée libre.
(1) La croix de Malte est un dispositif mécanique permettant de transformer un mouvement de rotation continu en une rotation saccadée. Son nom provient de sa ressemblance avec la croix de Malte.
Pierre Nicolleau (médaillon), possède une trentaine d'appareils de projection.
Dans les Années 60, la ville des Sables comptait sept salles
Aujourd'hui, tous les Sablais connaissent Le Grand Palace, un multiplex inauguré en 2004, boulevard de rile-Vertime. Avant lui.il existait sept salles de cinéma, selon les archives municipales.
Ø Le Palace. Apparemment le plus ancien. Construit en 1934 à la place du Splendid-Cinéma, rue des Jardins, il a été rénové en 1970, puis en 1983, avant d'être acheté par M. Lesuisse en 2000, puis démoli en 2004.
Ø Le Jeanne-d'Arc. Construit vers 1947, rue Nationale, ce cinéma disposait d'environ 550 places. Il a été détruit vers 1990 pour faire place à des logements et des garages.
Ø Le Rex. Créé en 1948 par le patronage Saint-Pierre, ce cinéma à l'angle de la rue des Deux-Phares et de la rue Saint-Pierre n'était ouvert qu'en période estivale. Il a fermé en 1983.
Ø Le Stella-Ciné. Construit en 1950, sur le quai Rousseau-Méchinà la Chaume, il a fermé ses portes en 1968. En 1981, une partie des locaux a été aménagée pour la bibliothèque annexe, et le bureau de poste, le reste étant transformé en garage pour particuliers.
Ø Le Casino. Premières séances à la fin des années 50. Située dans les locaux du casino municipal, la salle a fonctionné tous les étés jusqu'en 1990.
Ø L'Aiglon. Inauguré en 1960 à la place de l'anciennesalle paroissiale Saint-Michel, avenue d'Anjou, il disposait d'environ 460 places. Acheté par la ville en 1984, il a fait place aujourd'hui à l'auditorium.
Ø Le Modern'. Situé sur le remblai, il prend la suite du Modern'Cinéma. Entièrement reconstruit en 1960, il disposait alors d'une grande salle avec balcon. Il fut ensuite réservé à la projection de films erotiques dans les années 70 et 80. Il a depuis, il a été transformé en bar et
boîte de nuit.
J'ai ami qui n'a pas internet et qui posséde un projecteur Debrie, type MS 24 et souhaite le vendre. Il souhaite contacter Mr Nicolleau, afin de savoir s'il serait intéressé...
Nous n'avons pas réussi à trouver son téléphone, mais seulement ce blog...
Pouvez-vous me répondre ou communiquer à Mr Nicolleau les coordonnées de mon ami: Bruno Corson 02 51 48 33 03 ou 06 80 63 52 44.